Dr. Alexandre Prat

Professeur agrégé, neurologue (CHUM) et professeur titulaire (neurosciences, Université de Montréal)

Le Dr Prat a obtenu un baccalauréat ès sciences spécialisé en biochimie (1990), ainsi qu’un doctorat en médecine et une maîtrise en sciences (1995) de l’Université de Montréal. Après avoir terminé en 2000 un doctorat qui portait sur le développement de la barrière hémato-encéphalique (BHE) sous la supervision du Dr Jack P. Antel, il a effectué sa résidence en neurologie à l’Université McGill (plus précisément, à l’Institut neurologique de Montréal) jusqu’en 2003. Le Dr Prat est un membre actif du Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada (neurologie) depuis 2003. En 2000, il a reçu le prestigieux prix S. Weir Mitchell de l’Académie américaine de neurologie.

Le Dr Prat est neurologue (membre du personnel) au CHUM, à Montréal, et professeur titulaire de neurosciences à l’Université de Montréal. Il a dirigé la chaire de recherche Donald Paty de la Société canadienne de la SP et a été chercheur boursier senior du FRQS (de 2012 à 2016). Il est désormais titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la sclérose en plaques et a été élu au Collège de nouveaux chercheurs et créateurs en art et en science de la Société royale du Canada en 2015. Il est actuellement directeur adjoint du développement au Centre de recherche du CHUM (CRCHUM), institut de recherche qui compte plus de 120 chercheurs et 2 000 employés.

Les travaux de recherche du laboratoire du Dr Prat portent actuellement sur les fonctions immunitaires de la BHE, les mécanismes qui sous-tendent la migration des monocytes et des lymphocytes au-delà de la BHE et la régulation physiologique des fonctions de cette barrière par les cellules gliales.

Questions et réponses avec le Dr Prat

Qu’est-ce qui vous a amené à vous intéresser à la recherche sur la SP? Qu’est-ce qui vous incite à poursuivre des travaux dans ce domaine?

J’ai commencé à m’intéresser à la neurologie au secondaire lorsqu’un excellent professeur de biologie nous a fait un cours sur le système nerveux. À l’époque, j’avais 15 ou 16 ans et je me souviens que j’étais fasciné par ce domaine et ses concepts révolutionnaires, qui paraissaient presque relever de la science-fiction en ce temps-là. Puis, à la faculté de médecine, c’est mon mentor, le fameux Dr Pierre Duquette, qui m’a fait découvrir le domaine de la SP et m’a encouragé à poursuivre mes travaux de recherche en neuro-inflammation. Sur ses conseils, je me suis joint à l’équipe du Dr Jack Antel, éminent spécialiste du domaine, et j’ai préparé ma thèse de doctorat, qui portait sur l’étude de la BHE dans le contexte de la SP sous la supervision de ce dernier à l’Institut neurologique de Montréal.

Il va sans dire que ce sont mes patients et mon désir d’améliorer leur qualité de vie qui sont mes principales sources d’inspiration et qui m’incitent à faire progresser la recherche sur la SP.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans la recherche et quels sont les plus grands défis auxquels vous faites face?

Bon nombre des travaux de recherche en cours au sein de mon laboratoire visent à nous permettre d’identifier et de valider de nouvelles cibles thérapeutiques contre la SP. Ce type de projet a ceci d’incroyable qu’il aboutit dans certains cas à la mise au point de traitements expérimentaux qui sont évalués dans le cadre d’essais cliniques sur la SP. Ces avancées sont très stimulantes pour nous, car elles démontrent que les efforts soutenus que nous déployons sont susceptibles d’améliorer directement la vie des personnes atteintes de SP. De plus, j’aime beaucoup encadrer les étudiants, les aider à faire avancer leurs projets et finalement être témoin de l’évolution de leur carrière. Non seulement mon travail avec les étudiants garantit la survie et le développement de mon domaine de recherche, mais en plus, il lui permet de progresser de manière exponentielle. Nous bâtissons en quelque sorte une grande famille d’étudiants et de spécialistes qui poursuivront la lutte scientifique que nous menons contre la SP jusqu’à ce que nous ayons réussi à éradiquer cette maladie.

Quelle importance accordez-vous à la collaboration et dans quelle mesure y avez-vous recours dans le cadre de vos travaux de recherche?

La collaboration entre chercheurs est essentielle à l’avancement du domaine. La recherche sur la SP se subdivise désormais en une constellation de sous-spécialisations axées sur les différents compartiments cellulaires qui jouent un rôle dans la physiopathologie de la SP et même sur les différentes techniques expérimentales servant à étudier cette maladie. La collaboration nous permet d’échanger des idées, d’envisager un objectif de recherche donné sous plusieurs angles, et, par conséquent, de contribuer à l’amélioration de nos projets respectifs et de les faire progresser plus rapidement.

Au sein de mon laboratoire, j’encourage systématiquement mes stagiaires à collaborer d’abord les uns avec les autres, puis avec les scientifiques des nombreux laboratoires d’excellence du CRCHUM. Mon équipe et moi sommes également fiers de participer à plusieurs projets collaboratifs de grande envergure à l’échelle locale, nationale et internationale, grâce auxquels nous espérons aider la communauté scientifique à mieux comprendre la physiopathologie de la SP et ainsi à mettre au point de nouvelles stratégies thérapeutiques pour lutter contre cette maladie.

Dans quelle mesure le soutien fourni par la Société canadienne de la SP vous permet-il de mener à bien vos travaux de recherche?

La Société canadienne de la SP a joué un rôle déterminant dans la réalisation de mes projets de recherche au fil des années. Les subventions de fonctionnement qu’elle m’a octroyées ont permis à mon équipe et à nos collaborateurs de mener des travaux de recherche novateurs qui n’auraient pas pu être envisagés sans cela. Les subventions accordées à mes stagiaires sont une source de fierté pour eux et un tremplin pour leur carrière respective de chercheur spécialisé en SP. Sans compter que les initiatives extrêmement importantes lancées tous les ans par la Société canadienne de la SP favorisent la collaboration et des échanges de connaissances entre les chercheurs du monde entier et nous permettent surtout de nous rapprocher des personnes atteintes de SP, de mieux comprendre leur souffrance et ainsi de mieux orienter nos travaux afin de répondre à leurs besoins pressants.

Si vous pouviez poser une seule question à une personne vivant avec la SP qui pourrait vous aider à concevoir une étude, quelle serait-elle?

C’est ce que je fais tous les jours lorsque je rencontre mes patients...

Nous vous remercions de vous être prêté à cet exercice qui permettra à nos donateurs, aux autres parties prenantes et aux personnes touchées par la SP d’en savoir plus sur les chercheurs talentueux qui nous aident à nous rapprocher un peu plus chaque jour de notre objectif, à savoir trouver un remède contre cette maladie.

Étude du Dr Prat subventionnée par la Société de la SP :

Cibler la molécule DICAM, nouveau médiateur de la neuro-inflammation, dans le traitement de la SP

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